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Humour : Sketch algérien au début des années 3O (inédit)



L’accent de Marie Soussan est peut-être l’accent qu’avaient les Juifs d’Alger. Ou alors elle savait pas parler. Ben Cheneb disait dans les “Revues Africaines” que les Juifs d’Algérie, à la fin des mots, mettaient un “i” à la place des “a”. Un peu comme les Tunisiens.
Biographie de Rachid Ksentini, idole de Rouiched :
(1887-1944). Chansonnier.
Avec Allalou, il était le promoteur du mouvement théâtral algérien dans les années 20 et 30. Grâce à son talent et à son génie, il sut comment mettre en scène et interpréter ce qui préoccupait les gens simples de son peuple écrasé par la domination du colonialisme le plus brutal de l’histoire humaine. Parce qu’il sut être un comédien complet, un comédien populaire, on l’appelait « Le Charlot Arabe ». Ksentini de son vrai nom Mohamed Belakhdar, est né le 11 novembre 1887 à Bouzareah. Son père, savetier, est venu très jeune de Constantine à Alger. Il fit ses études primaires à l’école coranique Zenqat Bou Oukacha, qui furent d’ailleurs très courtes. Il travailla dès son jeune âge en qualité d’ébéniste. En 1909, il épouse sa cousine. Il va stimuler la folie et passer trois mois à l’hôpital psychiatrique de Blida pour pouvoir obtenir le divorce. La perte de ses deux petites filles, mortes l’une et l’autre à deux ans, son caractère impétueux et sa vitalité juvénile ainsi que sa passion des voyages font qu’il va sillonner les mers du monde. Il se trouve à Malte et à Marseille pour une période d’une année. En rentrant à Alger, il trouve son nouveau-né, un garçon âgé de quatre mois. Mais dès 1919, sa passion des voyages le reprend. Il fait les Etats-Unis, l’Indochine, l’Inde, l’Europe. Exerçant plusieurs métiers, il alla même jusqu’à trainer les touristes étrangers dans les quartiers de Canton, en Chine avec un Pousse-pousse. En France, il travaille un certain temps en Normandie. C’est là qu’il va se marier avec Marguerite Sevigné. Il emmène sa femme à Paris où il travaillera aux ateliers d’ébénisterie aux galeries Lafayette et fréquente les théâtres parisiens où il est engagé comme figurant. Durant six années de vie sédentaire à Paris. Il retourne à Alger accompagné de sa femme Marguerite, en 1926. Ce retour coïncide avec la première représentation d’une pièce théâtrale en arabe dialectal, « Djeha » d’Allalou et de Brahim Dahmoun, jouée le 12 avril 1926 au Kursaal, à Alger. Rachid Ksentni travaillait dans une menuiserie à Bab El Oued. Il allait faire ses débuts dans la Zahia-troupe d’Allalou- dans une pièce appelée Zwadj Bou Aklin. Enivré par son succès, Rachid Ksentini voulait donner des représentations de ses propres créations dans une salle de la rue de la Lyre. Sa pièce El Ahed El Wafi ne remporte pas un grand succès, vu qu’il avait également éliminé le programme musical qui précédait toute représentation théâtrale à l’époque. Il revint travailler sous l’égide de la société de musique El Moutribia. ; dirigée par Mahieddine Bachetarzi. En 1928, il écrivit une pièce qui allait avoir un grand succès Zwadj Bou Borma ou la Folie de Bou Borma. Dès cette époque, il connaitre une jeune comédienne, Marie Soussan, qui devint sa compagne et sa partenaire sur scène. Ils formèrent un couple artistique jusqu’en 1934. Les sketches qu’ils jouèrent ensemble eurent beaucoup de succès. Après avoir abandonné le théâtre, il tente sur le conseil d’Allalou, l’expérience de la chanson burlesque où il excella et réussit à écrire plus de douze chansons par jour. Son répertoire dans ce genre compterait environ 600 chansons dont une centaine est enregistrées sur disques. Instable, il l’était aussi bien dans sa vie privée que dans sa vie professionnelle. Marié et divorcé, matelot et menuisier, il a vécu diverses situations, parcouru de nombreux pays et exercé de nombreux métiers. Toutefois, une chose l’intéresse vraiment : son art. Il ne quitte jamais le chant et le Sketch. Son humour est incisif et ses critiques portent toujours. Il fouette les charlatans de la rue de la Lyre, malmène les nouveaux conseillers municipaux, s’insurge contre les traditions rétrogrades, dénonce les fléaux sociaux, comme l’alcoolisme, parle du chômage qui frappe en premier les algériens et évoque « le Bateau Blanc » (Al Babor Al Biad) qui accoste chaque mois à la baie d’Alger et qui reste pour le peuple algérien le symbole de la répression coloniale, de l’exil forcé.

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